mercredi 12 janvier 2011

Tyrann ou pour une défense du retrogaming






La pratique du retrogaming relève-t-elle de la régression ? C'est ce que pourrait nous faire croire la doxa ambiante : jouer à de vieux jeux qu'ils soient informatiques ou non (on peut songer à l'engouement actuel pour les clones de D&D basic) participerait d'un contre élan, d'une pulsion "adulescente" mi-nostalgique mi-réactionnaire.
Autant dire que je ne suis absolument pas de cet avis.

Pourquoi en effet se priver de jouer à nouveau/ de jouer encore à des jeux vieux de plusieurs dizaines d'années, sous prétexte qu'ils sont depuis longtemps dépassés ? Dépassés dans quelle mesure, d'ailleurs ? Techniquement, c'est certain mais ludiquement parlant, cela l'est moins.
C'est sans doute un peu trop vite oublié une notion qui structure le champ de la Création : la notion de "classique". Une oeuvre classique est par définition une production qui parvient à se renouveler dans le temps, à se reconstruire incessamment sans épuiser ses potentialités. Ainsi, les premières versions de Donjons & Dragons ont été "dépassées", au niveau du moteur de jeu, par celles qui lui ont succédé (ou par d'autres univers de jeux de rôles). Ne conserve-t-elles pas néanmoins une valeur, une magie de l'origine qui font qu'elles ne peuvent être démodées car intemporelles ? De même, que dire des différentes versions de Warhammer Battle ? Que la dernière version 8 s'avère incommensurablement meilleure que la version 2 ou 3 ? Pas pour moi.
Ces vieilles choses continuent à intéresser et à être jouées. Preuve en est les nombreux sites qui leur sont consacrés.

En ce qui concerne les jeux vidéos, il me semble que la problématique soit similaire. Je peux prendre un plaisir fou à jouer à Dragon Age, à Fallout New Vegas mais je REVIENS encore et souvent vers MES classiques du JDR informatique : Arx Fatalis, Dungeon Master (sur lequel j'avais écrit un billet, il y a deux ans) et Tyrann, développé pour Oric atmos. Ceux qui ont possédé cet ordinateur doivent connaître ce jeu au même titre que d'autres classiques : l'Aigle d'or, Le Diamant de l'île maudite, Le Sceptre d'Anubis, etc.

On pourrait y voir ou y lire une "régression" ultime en la matière. En effet, les graphismes sont quasiment inexistants (un donjon 3D représenté en fil de fer...), l'intrigue nulle. Alors pourquoi ?
Sans doute parce que l'imagination supplée au manque à voir, elle comble les vides et fait le reste. L'image n'impose rien et le cinéma mental peut s'élaborer sur cette vacuité. Cela relève moins du rationnel que du magique...

Il y a un an et demi, j'étais replongé dans le labyrinthe par le biais de l'émulateur Oric (Euphoric) sur mon PC. J'ai toujours mon Oric Atmos, en état de marche, mais son installation prend de la place. Depuis, quelques jours j'y suis retourné mais grâce à une version encore moins encombrante : une nintendo DS lite !
Eh oui, un fou ou un génie (au choix) a crée un émulateur pour cette console portable.



Voilà, ça vaut de très loin, bon nombre de soi-disant RPG que propose la console.


Je ne peux que conseiller à tous les intéressés (et aux nostalgiques aussi) l'excellent site français dédié à l'Oric Atmos : Oricgames
Outre un grand nombre d'articles sur les jeux de cette machine, on peut trouver un dossier spécialement consacré à Tyrann : aides de jeu, noms des sorts, etc.



Le manuel original est également téléchargeable.

1 commentaire:

David a dit…

totalement d'accord avec toi! pourquoi se priver parce que c'est un vieux truc remis au goût du jour (ou pas)? C'est du plaisir ludique, alors ne cherchons pas plus loin, c'est fun, c'est bonnard!